Investissements norvegiens en France
En 2024, les investissements norvégiens en France ont illustré un renforcement des relations industrielles et stratégiques entre les deux pays. Avec 14 projets annoncés, la Norvège s’est affirmée comme un acteur majeur parmi les investisseurs européens en France, faisant de 2024 la deuxième meilleure année historique après 2023 (16 projets). Ces investissements ont généré 298 emplois, soit une augmentation de 29 % par rapport à l’année précédente. Fait notable, 64 % des projets étaient des extensions, ce qui traduit la satisfaction des entreprises norvégiennes déjà implantées en France et leur volonté de poursuivre leur développement dans le pays.
Cette dynamique reflète un partenariat bilatéral renforcé. En janvier 2024, un accord de partenariat stratégique a été signé entre la France et la Norvège, visant à intensifier la coopération dans les domaines de la transition énergétique, de la numérisation et du renforcement des chaînes de valeur européennes. Cet accord confirme une ambition commune : construire une industrie européenne plus verte, résiliente et souveraine.
Sur le plan industriel, la France continue de séduire les investisseurs norvégiens. Parmi les 14 projets, 8 concernent la production ou la fabrication, ce qui confirme l’attractivité de la France pour les activités industrielles. Plusieurs atouts expliquent cet engouement : une main-d’œuvre hautement qualifiée, notamment dans l’ingénierie, une énergie compétitive et faiblement carbonée, ainsi qu’une position stratégique au cœur de l’Europe, facilitée par des infrastructures de transport de haut niveau.
Un exemple emblématique est l’investissement du groupe Mowi, leader mondial du saumon d’élevage. L’entreprise a engagé 32 millions d’euros dans la construction d’une usine high-tech à Landivisiau (Bretagne), avec une capacité de 4 500 à 6 000 tonnes par an et la création de 60 emplois prévus entre 2025 et 2026. Ce projet illustre la confiance à long terme des investisseurs norvégiens dans le marché français.
La transition écologique occupe également une place centrale dans les investissements norvégiens en France. Les deux pays sont naturellement alignés sur les enjeux de durabilité : la France apporte sa capacité industrielle et son écosystème d’innovation, tandis que la Norvège contribue avec son expertise en énergies bas carbone et en technologies maritimes. Un exemple marquant est le partenariat entre Yara International, géant des engrais norvégien, et Lhyfe, spécialiste français de l’hydrogène vert. Ensemble, ils visent à décarboner le site de Yara au Havre, avec une production prévue de 60 000 tonnes d’engrais bas carbone par an et une réduction des émissions de COâ de 75 %.
Ces initiatives s’inscrivent pleinement dans le cadre des politiques industrielles françaises, telles que le plan France 2030 ou la stratégie nationale sur l’hydrogène, qui favorisent un environnement stable pour l’innovation durable. Pour les investisseurs norvégiens, cet écosystème correspond à leurs objectifs de croissance verte, de modernisation industrielle et de création de valeur en Europe.
En somme, les investissements norvégiens en France en 2024 ne se limitent pas à un simple intérêt économique : ils témoignent d’une volonté commune de bâtir une industrie européenne verte, compétitive et tournée vers l’avenir, à travers une coopération stratégique renforcée.

